Un collectionneur peut parler d’une mitraillette Beretta en pensant à une arme historique de la Seconde Guerre mondiale, tandis qu’un tireur évoquera plutôt le PMXs moderne. Cette appellation recouvre donc plusieurs générations, avec des usages, des mécanismes et surtout des statuts juridiques très différents. Je fais le tri entre les modèles emblématiques, leurs caractéristiques et ce qu’il faut savoir avant d’examiner un exemplaire en France.
L’essentiel pour comprendre les pistolets-mitrailleurs Beretta
- Le MAB 38 est le modèle historique associé à Beretta pendant la Seconde Guerre mondiale.
- Le PM12 a prolongé cette tradition dans les forces armées et de sécurité après-guerre.
- Le PMX représente la génération moderne en 9 × 19 mm, avec chargeur de 30 coups.
- Une arme automatique relève en principe de la catégorie A2 en France.
- Les versions semi-automatiques, neutralisées ou de collection doivent être examinées au cas par cas.

Ce que recouvre réellement l’appellation Beretta
Dans le langage courant, « mitraillette » désigne souvent un pistolet-mitrailleur, c’est-à-dire une arme compacte tirant une munition de pistolet, généralement en 9 × 19 mm. Elle possède souvent une crosse et se tire à l’épaule, mais elle ne doit pas être confondue avec un fusil d’assaut, qui utilise une munition intermédiaire plus puissante.
Chez Beretta, trois familles attirent principalement l’attention. Le MAB 38 appartient à l’histoire militaire, le PM12 à la période d’après-guerre et le PMX à la conception contemporaine. Je trouve cette distinction essentielle, car deux armes portant le nom Beretta peuvent avoir des décennies d’écart et ne répondre ni aux mêmes normes ni aux mêmes règles.
| Modèle | Période | Caractéristique principale | Intérêt pour le lecteur |
|---|---|---|---|
| MAB 38 | À partir de 1938 | Modèle militaire historique en 9 mm | Collection, histoire et patrimoine |
| PM12 | Après-guerre | Pistolet-mitrailleur adopté par des forces institutionnelles | Évolution industrielle et emploi professionnel |
| PMX | Époque contemporaine | Conception moderne, chargeur de 30 cartouches | Référence technique actuelle dans le domaine professionnel |
| PMXs | Marché civil selon les pays | Version semi-automatique destinée au tir et à la collection | À distinguer juridiquement du PMX automatique |
Le MAB 38 reste la référence historique
Le Moschetto Automatico Beretta modèle 1938, souvent abrégé MAB 38, est le modèle qui a construit la réputation de Beretta dans le domaine des pistolets-mitrailleurs. Sa conception privilégiait une fabrication robuste, une bonne qualité d’exécution et une précision appréciée pour une arme de cette catégorie.
Le MAB 38 employait la cartouche de 9 × 19 mm et existait avec différents chargeurs selon les versions. Les variantes 38/42, 38/43 et 38/44 ont progressivement simplifié la fabrication afin de réduire le temps et le coût de production. Cette évolution est instructive pour le collectionneur, car une finition plus simple ne signifie pas forcément une arme moins intéressante historiquement.
Ce qui me paraît le plus remarquable sur les premiers exemplaires est le soin apporté aux détails mécaniques et aux surfaces métalliques. Un modèle portant encore ses marquages lisibles, ses pièces cohérentes et une provenance documentée aura généralement davantage d’intérêt qu’un exemplaire repeint ou composé de pièces provenant de plusieurs armes.
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Pourquoi le MAB 38 est souvent confondu avec un fusil
Sa crosse en bois, son poids et sa silhouette allongée lui donnent l’apparence d’une petite arme longue. Pourtant, son emploi et sa munition le rapprochent du pistolet-mitrailleur, pas du fusil d’assaut. Cette nuance permet de mieux comprendre sa place dans l’évolution des armes d’épaule militaires.
Le PM12 a modernisé la formule
Le PM12 appartient à une génération conçue après la guerre pour répondre aux besoins des forces armées, de la police et de certaines unités spécialisées. Beretta a conservé le principe d’une arme compacte en 9 mm tout en recherchant une production plus rationnelle et une utilisation institutionnelle durable.
Le modèle a connu plusieurs évolutions, dont le PM12S et le PM12-S2. Les différences concernent notamment les commandes, la sécurité, l’ergonomie et certains détails de fabrication. Pour identifier correctement une pièce, la simple inscription « PM12 » ne suffit donc pas. Il faut relever le marquage complet, le numéro de série, le fabricant et, lorsque c’est possible, le contexte d’origine.
Le PM12 n’est pas un modèle de tir sportif courant en France. Son intérêt est surtout historique ou documentaire, et son statut dépend entièrement de sa configuration et de son état juridique. Une arme automatique d’origine, une version neutralisée et une reproduction semi-automatique ne suivent pas le même régime.
Le PMX montre l’évolution vers une arme compacte moderne
Le PMX est la génération contemporaine de Beretta dans cette catégorie. Il fonctionne en 9 × 19 mm, utilise un système de fonctionnement par recul direct et reçoit un chargeur polymère translucide de 30 cartouches. Sa conception fait appel à des polymères renforcés et à des pièces métalliques destinées à supporter un usage professionnel intensif.
| Élément | Donnée annoncée pour le PMX |
|---|---|
| Calibre | 9 × 19 mm |
| Longueur du canon | Environ 175 mm |
| Poids avec chargeur vide | Environ 2,5 kg |
| Capacité du chargeur | 30 cartouches |
| Longueur totale | Environ 418 à 640 mm selon la position de la crosse |
Le PMX automatique et le PMXs semi-automatique ne doivent pas être présentés comme une seule et même arme. Le second reprend une partie de l’esthétique et de l’ergonomie du premier, mais son mode de tir et sa destination commerciale sont différents. C’est précisément le genre de détail qui peut modifier le classement légal et la possibilité de détention.
Ce que la réglementation française change pour un particulier
En France, le mot « mitraillette » ne détermine jamais à lui seul la catégorie juridique. Une arme à feu à répétition automatique relève de la catégorie A2, dont l’acquisition et la détention sont interdites sauf régimes dérogatoires très encadrés.
Une transformation en semi-automatique ne règle pas automatiquement le problème. Le Code de la sécurité intérieure prévoit notamment le classement en catégorie A1 de certaines armes automatiques transformées. Il faut donc éviter de conclure à partir de l’apparence, d’une annonce ou d’une simple mention « semi-auto ».
Pour un modèle historique, le dossier doit être vérifié avec un armurier agréé. Les points importants sont le mode de tir réel, la neutralisation éventuelle, la longueur, l’année du modèle, les marquages et les documents accompagnant l’arme. Une pièce neutralisée doit disposer d’une neutralisation officielle et traçable, et son classement peut encore dépendre de sa nature précise.
- Ne jamais acheter une arme ancienne sans vérifier son statut administratif.
- Demander les documents de neutralisation ou de classement avant toute transaction.
- Transporter l’arme uniquement dans le cadre légal prévu, démontée ou rendue non immédiatement utilisable lorsque les règles l’exigent.
- Consulter un professionnel pour toute pièce importée, transformée ou dépourvue de papiers cohérents.
Comment examiner un exemplaire historique sans se tromper
Pour une pièce de collection, je commence toujours par la cohérence générale. Les marquages doivent correspondre au modèle, les numéros doivent être lisibles et les pièces principales doivent présenter une patine compatible. Une finition trop neuve, une peinture uniforme ou des pièces manifestement modernes peuvent signaler une restauration lourde, voire un assemblage.
L’état mécanique ne suffit pas à établir la valeur. Pour un MAB 38, la provenance, la rareté de la variante, l’authenticité des accessoires et la qualité des documents peuvent compter autant que l’aspect extérieur. Une arme ancienne très propre mais sans historique peut être moins intéressante qu’un exemplaire marqué par son usage, mais parfaitement documenté.
Je déconseille également de comparer directement le prix d’un modèle neutralisé, d’une arme de tir semi-automatique et d’un exemplaire militaire conservé dans son état d’origine. Ce sont trois marchés différents. Sans le modèle exact, l’année, l’état et le statut légal, annoncer une fourchette de prix serait artificiellement précis.
La bonne question avant de choisir une Beretta historique
La meilleure approche consiste à décider d’abord si l’objectif est l’histoire, la collection, le tir sportif ou l’étude technique. Le MAB 38 répond surtout à une démarche patrimoniale, le PM12 illustre l’évolution des armes institutionnelles et le PMX montre les choix modernes de compacité et d’ergonomie.
En France, le point décisif reste toutefois le classement légal de l’exemplaire précis. Une identification rigoureuse et l’avis d’un armurier agréé valent mieux qu’une annonce séduisante ou qu’une ressemblance visuelle. C’est cette vérification, plus que le nom Beretta lui-même, qui permet de distinguer une pièce de collection intéressante d’une situation juridiquement problématique.
